Petits métiers à Saissac - L' allumeur de réverbères


L'allumeur de réverbères


Un homme du crépuscule et de l'aurore.
En 1884 une plainte est déposée à Saissac contre Melliès, "éclaireur public", "Les réverbères ne donnent pas la clarté nécessaire, par suite d'un manque d'entretien". Ce "métier" disparu, faisait, à Saissac l'objet d'un contrat annuel avec la municipalité. 
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Allumeur de reverberes

II était mis aux enchères chaque année et octroyé au moins offrant. Dès 1827, 15 réverbères à pétrole éclairent les rues. Ce brave Melliès fait le tour du village, il allume les lampes à sa portée, ou descend, grâce à une poulie, celles qui étaient suspendues, pour les enflammer. Il doit remettre du pétrole, nettoyer les mèches, nettoyer les verres. Chaque soir, il parcourt les rues du village, c'est une course contre la nuit qui le talonnait, au faubourg de Cers elle avait gagné et tout était à recommencer le lendemain. C'était un homme du crépuscule et de l'aurore, car le matin il refaisait sa tournée pour éteindre les lanternes péniblement allumées la veille. En 1905 c'est le nommé Cambon qui est «Allumeur Public», il demande que lui soit fourni un burnous caoutchouc pour le garantir des intempéries. Hélas victime du progrès l'éclaireur public disparut.
1905 Mr le maire de Saissac donne lecture d'un rapport duquel il résulte que l'éclairage actuel au pétrole est 8 fois plus dispendieux que l'éclairage électrique.

Le rôle politique du réverbère
Le réverbère avait un rôle politique important car il jouait sa partie dans le dernier acte du folklore électoral. A peine le résultat des élections était connu, le brillant cortège des élus et de leurs amis, allait narguer les vaincus sur l'air des lampions. C'était un des charmes des élections dans les villages, hurlant, vociférant les supporters des vainqueurs arrivaient sous les fenêtres des candidats malchanceux et aux cris répétés de "Amal la vesta" ils accrochaient de vieilles redingotes au lampadaire le plus voisin. La "veste" était un rite, nul n'y aurait manqué, les blackboulés eux mêmes auraient été vexés de ne pas être honorés de ce charivari nocturne qui prenait la valeur d'une tradition respectable

Un métier littéraire
Ce métier a laissé beaucoup de traces dans l'histoire nationale ou locale. Ce brave allumeur de réverbères, qu'aimait tant voir arriver la petite Gerty, a donné son nom au célèbre roman de Miss Cummins, Courteline a esquissé sa silhouette dans "Le train de 8 h 47" c'est lui qui met dans le droit chemin, si l'on ose dire, les cavaliers La Guillaumette et Croquebol égarés dans les rues de Bar-le-Duc. Le bec-de-gaz est enlacé affectueusement par les poivrots perdus au sein d'un univers tournoyant, c'est lui qui éclaire l'errance des noctambules montmartrois et il permet d'admirer les charmes de la "gigolette" des rues chaudes.
11 arrivait à l'allumeur de faire de singulières rencontre, dans l'aube blafarde du 25 janvier 1855, l'éclaireur public découvrit rue de la Vieille-Lanterne à Paris, un homme pendu au bec-de-gaz. C'était un des plus grands écrivains français, il s'appelait Gérard de Nerval. L'auteur d'Aurélia, de la Bohème galante, des Filles de feu, épuisé, désespéré, affamé, avait choisi de , rejoindre la reine de Saba qui l'attendait dans son pays où le soleil était noir.

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allumeur

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